La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente, ou « Méthode Coué »

Le pouvoir de la suggestion et de l’autosuggestion
« Nous pouvons assimiler l’imagination à un torrent qui entraîne fatalement le malheureux qui s’y est laissé tomber, malgré sa volonté de gagner la rive. Ce torrent semble indomptable; cependant si vous savez vous y prendre, le vous le détournerez de son cours, vous le conduirez à l’usine, et là vous transformerez sa force en mouvement, en chaleur, en électricité. Si cette comparaison ne vous semble pas suffisante, nous assimilerons l’imagination (la folle du logis, comme on s’est plu à l’appeler) à un cheval sauvage qui n’a ni guides, ni rênes. Que peut faire le cavalier qui le monte, sinon se laisser aller où il plaît au cheval de le conduire ? Et, souvent alors, si ce dernier s’emporte, c’est dans le fossé que s’arrête sa course. Que le cavalier vienne à mettre des rênes à ce cheval, et les rôles sont changés. Ce n’est plus lui qui va où il veut, c’est le cavalier qui fait suivre au cheval la route qu’il désire. Maintenant que nous nous sommes rendu compte de la force énorme de l’être inconscient ou imaginatif, je vais montrer que cet être, considéré comme indomptable, peut être aussi facilement dompté qu’un torrent ou un cheval sauvage ».
Emile Coué (1857-1926), auteur de la méthode qui porte désormais son nom
Emile Coué, pharmacien et psychotechnicien français décrit également les fondations de sa méthode en ajoutant que « toute idée que nous avons dans l’esprit devient une réalité dans le domaine de la possibilité (…) l’idée de sommeil créé le sommeil, l’idée d’insomnie créé l’insomnie, l’idée de crise nerveuse créé la crise nerveuse (…) la conclusion que nous pouvons tirer de ce premier principe est que si toute idée que nous avons dans l’esprit devient une réalité dans le domaine de la possibilité et que étant malade nous nous imaginions que celle-ci est possible, celle-ci se produira si elle est possible. Si celle ne l’est pas, nous obtiendrons le maximum d’amélioration qu’il est possible d’obtenir (…)
Second principe: ce n’est pas la volonté qui est la première faculté de l’Homme, mais l’imagination. Chaque fois qu’il y conflit entre elle et la volonté, chaque fois que nous sommes dans cet état d’esprit « je veux faire telle ou telle chose, mais je ne peux pas », c’est toujours l’imagination qui l’emporte. Non seulement nous ne faisons pas ce que nous voulons, mais nous faisons précisément le contraire.
« Je reviens à l’endroit où je disais que nous pouvons dompter et conduire notre imagination, comme on dompte un torrent ou un cheval sauvage. Il suffit pour cela, d’abord de savoir que cela est possible (ce que presque tout le monde ignore), et ensuite d’en connaître le moyen. Eh bien ! ce moyen est fort simple ; c’est celui que, sans le vouloir, sans le savoir, d’une façon absolument inconsciente de notre part, nous employons chaque jour depuis que nous sommes au monde, mais que, malheureusement pour nous, nous employons souvent mal et pour notre plus grand dam. Ce moyen c’est l’autosuggestion.
Si vous vous persuadez à vous-même que vous pouvez faire une chose quelconque, pourvu qu’elle soit possible, vous la ferez, si difficile qu’elle puisse être. Si, au contraire, vous vous imaginez ne pas pouvoir faire la chose la plus simple du monde, il vous est impossible de la faire et les taupinières deviennent pour vous des montagnes infranchissables.
Emile Coué
« Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux », à répéter 20 fois le matin et 20 fois le soir, en vue de conditionner l’imagination de manière favorable…
Les autosuggestions, pour être efficaces, se doivent d’être réalistes: « demain, je vais guérir » n’aurait pas de sens ; « jour après jour, je mobilise les ressources qui vont vers la guérison » respecte le potentiel des suggestions.
Elles doivent être graduées « jour après jour », « de plus en plus », « à mesure que… alors », etc.
Elles doivent être courtes, afin que leur formulation puisse se répéter avec un vécu d’automaticité, comme un mantra.
« Tous les matins au réveil et tous les soirs, aussitôt au lit,
fermer les yeux et, sans cherche à fixer son attention sur
ce que l’on dit, prononcer avec les lèvres, assez haut pour
entendre ses propres paroles et en comptant sur une
ficelle munie de vingt noeuds, la phrase suivante : tous les
jours, à tous les points de vue je vais de mieux en mieux »
Emile Coué
Quelle sera votre prochaine (raisonnable) autosuggestion? Comment formulerez vous celle-ci?
Nous nous réjouissons de vous accompagner dans son élaboration!
PS: Vous voulez un conseil? Evitez donc les mots « impossible », « je ne peux pas », « c’est trop difficile », « c’est plus fort que moi », « je ne peux pas m’empêcher de »… Remplacez les par « c’est facile », « je peux », « ça passe »!
